L’huminité dans les entreprises et les organisations

L’huminité dans les entreprises et les organisations

On parle de plus en plus de valeurs humaines, de bienveillance, d’intelligence collective, d’agilité, d’inclusion. L’innovation managériale progresse, des pratiques évoluent, des transformations s’amorcent. Et pourtant, dans de nombreux cas, l’humain continue d’être pensé en silo.

🔍 Penser en silo : cela signifie, dans ce contexte, que les différentes dimensions de l’humain (corps, émotions, relations, pensées…) sont prises en compte séparément, de façon isolée, sans vision d’ensemble. Or, ce cloisonnement ne permet pas de comprendre ni de respecter ce qu’est réellement un être humain.

L’engagement professionnel est valorisé à travers des signes visibles de présence, d’investissement, de dépassement. Arriver tôt, partir tard, enchaîner les heures est un indicateur implicite de sérieux ou de loyauté, sans que la fatigue, l’usure ou le besoin de récupération soient réellement pris en compte.
La collaboration est encouragée sans toujours prêter attention aux rythmes biologiques, aux temps de repos, au besoin de récupération physique ou mentale.
La performance est exigée de manière constante, sans considérer les variations naturelles de concentration, de disponibilité ou d’énergie au fil de la journée ou de la semaine.

Un être humain est un organisme vivant, traversé par des cycles, des sensations, des limites. C’est un corps qui s’assied, se tend, se raidit, qui a besoin de se lever, de bouger, de respirer, mais aussi de s’alimenter, de s’hydrater, de dormir un certain nombre d’heures pour rester en bonne santé. C’est aussi un être fait d’émotions, traversé par ce qu’il ressent, que cela soit exprimé ou non.

Les émotions ne touchent pas seulement la pensée, elles se répercutent dans le corps, perturbent l’équilibre et peuvent avoir un impact réel, même si souvent invisible.

Tout cela est déjà largement documenté. Les médecins, comme d’autres spécialistes, communiquent depuis longtemps sur les effets du stress, des rythmes inadaptés ou du manque de récupération sur la santé. À leurs côtés, d’autres domaines éclairent les multiples dimensions de l’être humain : équilibre mental, conditions sociales, ergonomie, psychologie du travail, sociologie, neurosciences…

Jusqu’ici, lorsqu’il s’agissait de désigner cette réalité humaine dans son ensemble, il manquait un mot.

On parle souvent de « l’humain dans sa globalité », mais il faut à chaque fois le préciser, sans que le mot « globalité » soit lui-même évident à comprendre. C’est pour cela que le mot « huminité » a été créé. Il désigne donc l’humain dans sa globalité. Une globalité qui inclut le corps, avec ses besoins essentiels et ses rythmes. Le mental, avec ses capacités comme ses limites. Les émotions, toujours présentes, qu’elles soient visibles ou non. Les relations, qui soutiennent ou fragilisent. L’environnement, dans lequel cette réalité humaine s’inscrit.  Autrement dit, l’huminité renvoie à ce que nous sommes dans notre entièreté, au-delà des rôles, des fonctions, des statuts ou des appartenances.

Ce blog est né de l’envie de créer un espace pour penser autrement. Ce mot sera ici un fil conducteur. Il permettra d’explorer autrement les réalités du travail, des organisations, des pratiques managériales, des contraintes imposées, des rapports de pouvoir, des inégalités et des non-dits. Il ne s’agit pas de refaire le monde, mais de l’observer différemment, et peut-être, d’y remettre un peu de cohérence, de présence et de bon sens.